petit pépin....

Avant de l'entraîner à sa suite, il avait passé 2 heures à remplacer les bougies et reviser la moto, faisant les réglages nécessaires.
La moto avait été mise à rude épreuve, puisque même pendant les mois d'hiver ils n'avaient pas voulu renoncer au délices de la glisse, malgré la froidure, le gel, les intempéries et bourrasques en tous genres....
Ils avaient poursuivi inlassablement leurs balades chaque week-ends, et ce, quels que soient les avatars d'un temps capricieux en cette période hivernale...
Sur les routes ils n'avaient d'ailleurs croisé que très peu, voire pas d'autres motards....
Cette fois, en cette mi-février, c'est par temps sec, ciel dégagé et température agréable; le thermomètre affichant 10°, qu'ils avaient enfourché la R1.
Ce jour là, elle savait qu'elle pourrait jouir pleinement de la randonnée, puisqu'elle éviterait le désagrément de bouts doigts tout endoloris et transis par la conjonction des facteurs temps glacial et grande vitesse. Cette perspective lui donnait plus encore le désir d'évasion, de grands frissons.
Comme à chaque balade, dès qu'elle montait sur le superbe bolide et déposait la pointe de ses bottes sur les chromes des reposes pieds, chevauchant la selle passagère, se positionnant en grenouille, enserrant le pilote, serrant fort les jambes et se penchant fortement vers l'avant.... le même plaisir, toujours recommencé, jamais rassasié; la surprenait.
Dès qu'il faisait tourner la clé de contact, et que "la bête rugissait" lors de la première accélération et aux premiers tours de roue; elle se sentait propulsée divinement heureuse, vers un ailleurs motard innomable, incommensurable.... une merveilleuse "déprise" à nulle autre pareille.
Instantanné fougeux, privilégié qui dope le moral et sacralise l'exultatation des forces vitales.
Hier encore, à folle allure, il l'avait emmenée au Val Joly; splendide espace vert et lacustre méritant sans conteste son appellation.
Aujourd'hui, il lui avait proposé un "classique" : sillonner les entrelacs de la vallée de la Molignée. Chemin faisant, il lui avait suggéré un arrêt dans la ville d'Adolphe Sax... Mais elle, trop à la Joie évasive des routes sineuses en communion avec l'hypersportive menée diaboliquement par le pilote boostant continuellement l'agressivité sidérante de la R1 - YZF -cette belle raffinée Yamaha, actuellement la plus puissante de sa catégorie; avait de loin préféré poursuivre l'énergique énergétique course, pour dépasser Dianant au plus vite.
Direction la France! Toujours à ce rythme musclé et ensorcellant, alternant mordant des freinages et accélérations brutales, dans un délire de sensations vibrations émotions à lui couper le souffle. Et ce sentiment poignant en état de légéreté et d'allégresse, d'arrêter le temps et suspendre l'espace, dans l'extrême de l'oubli.
Un incident, cependant était venu ternir le périple. Un déclic, suivi d'un soubressaut; l'arrêt subit de la machine, un mètre plus loin au beau milieu de la chaussée; suivi du pénible constat : la chaîne de transmission gisant sur le revêtement goudronné, à même le sol.
Fichtre! ils avaient contrits été forcés de garer la moto sur le bord de la route, arrêtés net; inexorablement soumis aux aléas des contraintes mécaniques.
Que faire? Elle avait alors consulté l'horloge de son Gsm qui affichait 16 heures. Ils se trouvaient alors à hauteur de la gare de Beauraing.
Pour sûr, la Madone, patronne de la ville, ne les avait pas vus venir, et n'avait donc pas pu leur éviter ce désagrément! A moins que sa providence ne leur ai épargné pire encore ? Sans aucun doute, une chaîne de transmission qui casse à haute vitesse peut-être catastrophique pour le carter, la carénage... Zut, alors!
Par cet agréable après-midi, beaucoup de motards "du dimanche" sillonnaient les routes rutilants sur leurs motos astiquées et scintillantes sous les rayons du soleil. Pour ce premier jour de beau temps, ils avaient sortis la bécane du garage et paradaient seul ou en bandes. Les voyant immobilisés sur le bord de route, lui accroupis cherchant une solution, elle se plaçant dans la lumière... ils n'avaient rien trouvés de mieux que de leur adresser un sympathique mais hypothétique "salut" de la tête ou des bras, ne songeant nullement à leur porter secours, contredisant de la sorte l'assertion légendaire d'une pseudo solidarité motarde... quel comble avait-elle pensé.
Bien entendu, elle comprenait, mais quand même...
Enfin, ouf... l'un deux s'était arrêté. Il ne possédait pas dans son kit de secours le maillon salutaire, mais il avait promis de revenir en voiture avec la pièce manquante.
Peu après, un couple d'une cinquantaine d'année, roulant en Honda Repsol avait fait halte, s'enquérant du "soucis".
"A deux, c'est mieux" avait affirmé l'homme en ôtant son casque et proposant ses services.
Ils avaient besoin d'outils. Elle avait emprunté limes, burins, pinces, marteau auprès d'un habitant du coin bienvaillant. qui ensuite, il lui avait pareillement prété un sweet shirt, car le soleil déclinant elle avait ressenti le froid, s'installer sous sa veste de cuir.
D'ailleurs pendant que les hommes s'attelaient à enlever la pièce en acier défectueuse, ce qui s'était relever plus difficile que prévu, les deux femmes étaient allées se réchauffer dans le bistrot d'en face devant 2 cafés, papotant moto.
Pendant ce temps, ils avaient refixé la chaîne, y compris à la courrois de transmission, mais avec un maillon de moins, ce qui avait pour conséquence de la rendre plus tendue, et dès lors plus fragile. Elles les avaient retrouvés tout noir de cambuis, s'activant toujours.
Enfin vers 19 heures, ils avaient poussés un gros soupir de soulagement assorti d'un élan de contentement, celui d'avoir pu réparer la chaîne. Opération mécanique qui n'avait pas été aisée. Et qui se serait surcompliquée, la nuit tombant.
L'automobiliste était arrivé avec la pièce. Trop tard. Enfin; pas tout à fait !
Il est important de savoir que certains êtres humains, même s'ils sont peu nombreux, peuvent faire preuve d'empathie; et agir enver et contre tout, comme ce qu'il considèrent devoir faire, en dépit du "sacrifice" d'une balade, la perspective de mains sales, de vêtements tâchés; et ce sans autre récompense que des paroles de remerciement, accompagnées de sourires.
Simplement pour la beauté généreuse d'un acte gratuit se suffisant de cette unique gratification.
Merci à eux. Mille fois merci.

1 commentaire:

Marcarine a dit…

J'adore ton blog, en plus nous sommes parfois allé aux mêmes endroits.
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Bravo encore pour l'ensemble du blog