Au Père Lachaise

.... Ils avaient garé la moto d'emprunt, pas trop loin de l'entrée principale de ce vaste dédale piétonnier dédié aux momunments funéraires parfois forts anciens. Sans porte bagage, ils avaient trimballés leurs sacs respectifs, durant les 2 ou 3 heures passées là dans l'oubli du temps .
Elle s'était d'emblée sentie comme chez elle dans ce cimetière, le plus vaste de la ville de Paris et connu dans le monde entier.
Bizarrement dans ce jardin d'Eden dédié à Thanatos, parmi les grands arbres déployant leurs branches en de magnifiques parasols, les parterres de multiples fleurs aux essences parfumées et colorées; les allées ombragées, les sépultures sculptées grandioses ou les simples tombes, vestiges d'existences rattrapées par la grande faucheuse à laquelle nul n'échappe; loin de toute macabrerie , elle était habitée par une sérénité béate transfigurant son être.
Dans cet immense parc verdoyant, peuplé d'âmes défuntes et de visiteurs déambulant tout comme eux dans cet entrelac de sentiers; elle ressentait intensément le goût de la vie, et son appel la vivre ntensément avec tous ses sens. Ici, dans cet antre de paix, ils semblaient s'épanouir comme instinctivement, à fleur de peau.
Ses yeux avalant la beauté irradiante de la Nature déployée, ses mains aimantées touchant les pierres lisses, les écorces brunes ou olivâtres, rugeuses ou granuleuses, se laissant à caresser les feuilles palmées ou dentellées, effleurant du bout des doigts la courbe des statues nombreuses, embrassant à l'occasion la bouche du Christ, son maître à penser.
Ses narines frémisant de plaisir, humant parfums floraux, senteurs aromatiques mêlées, saluant l'un ou l'autre défunt, déchiffrant avec émotion les messages ultimes laissés par les survivants à leurs chers défunts, lisant dates ou se laissant bercer par la candeur poétique de certaines épitaphes, envahie par la douce quiétude . Les oreilles auxabois écoutant le concerto de gazouillis d'oiseaux virevltant parmi les ombres fantômes de branches ondulant au gré de la lègère brise, rafaîchissant leurs corps vagabondant sous l'oeil averti de sieur Soleil rayonnant sa félicité chaleureuse.
Son âme individuelle semblait comme aspirée et diluée par tous ses pores, dans l'âme collective de ce microcosme; où vie et mort semblent se confondre, l'une appelant l'autre à interagir subtilement par un rappel incessant transcendant l'infinie finitude de notre condition humaine ouverte sur l'absurde beauté éternelle dans un perpétuel mouvement de balancier homéostasique, comme dans un jeu de miroir mystérieusement magique aux voix insondables, presques inaudibles qui se répondent par des voies inconnues d'autres bouts de monde, peut-être parallèles......
...... A suivre....

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